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Le point sur l'adoption internationale

Adoption internationale - 1Chaque année, près de 4 000 familles françaises adoptent un enfant à l’étranger. Très souvent, ces parents ne passent pas par une association et se débrouillent comme ils le peuvent et attendent de plus en plus longtemps l’enfant. En fait on constate un phénomène assez nouveau : l’écart se creuse entre le très grand nombre de familles candidates à l’adoption et le nombre d’enfants adoptés en France, qui a tendance depuis deux ans à diminuer malgré la création en 2005 de l’Agence française pour l’adoption (AFA).

Le paysage de l’adoption internationale a en effet changé. Il y a d’abord de moins en moins d’enfants adoptables dans le monde. Le nombre d’orphelins diminue : ils ne représentent que 15 % des enfants adoptés. Si la misère reste la première cause d’adoption, la plupart des enfants des rues et des bidonvilles, ceux qui ne mangent pas à leur faim ou vivent dans des pays en guerre, ne sont pas adoptables car, malgré tout, ils ont des parents, qui ne veulent pas couper définitivement les liens avec eux.

En outre, beaucoup de pays ont changé leur regard sur l’adoption, prenant conscience que leurs enfants étaient précieux. La convention de La Haye, destinée à la moraliser (voir), gagne en influence : elle stipule qu’un enfant doit être en priorité éduqué dans sa famille, ou à défaut adopté dans son pays.

Adoption internationale - 2D’autre part, les pays qui ont connu une croissance économique rapide comme l’Inde, le Brésil ou bien encore la Chine, ont vu se développer une classe moyenne qui est maintenant en mesure de garder ses enfants. De plus les pays qui ne pratiquaient pas d’adoptions nationales ont commencé à créer des dispositifs juridiques pour permettre l’adoption à l’intérieur de leur pays.

C’est par exemple le cas de la Colombie, d’où venait jusque-là une bonne partie des enfants adoptés en France : 40 % sont adoptés nationalement.

D’autres pays, comme la Chine et la Russie, d’où provenait la moitié des enfants adoptés dans le monde il y a trois ans (soit plus de 40.000), ont changé leur politique. La Chine s’est aperçue qu’elle confiait trop ses petites filles à l’adoption en raison de la politique de l'enfant unique. Quand à la Russie, elle n’atteignait plus le seuil de renouvèlement de sa population.

Ainsi, Pour réduire le nombre de départs, ces pays ont élevé des barrières. Les Chinois ont, depuis mai 2007, changé leurs critères : ils exigent des couples jeunes, d’un bon niveau socio-économique… La Russie a mis des barrières administratives : il faut refaire les dossiers tous les trois mois, fournir toutes sortes de certificats médicaux. La Colombie est de plus en plus exigeante sur l’évaluation psychologique des candidats. Madagascar s’est fermée à l’adoption individuelle ainsi que le Vietnam.

Le contexte international des pays d’accueil a lui aussi changé. Par exemple,  la France était quasiment le seul opérateur pour les adoptions internationales de son pays. Aujourd’hui, de plus en plus de pays ont créé leur propres dispositif qui vient en «concurrence» comme les agences canadiennes ou américaines. Ces agences n’ont pas toujours la même éthique que les organismes français et toutes les dérives sont ainsi possibles.

Adoption internationale - 3Ainsi, la situation actuelle reste inquiétante en raison de la diminution des pays donneurs d’un côté et une explosion des demandes d’adoptions de l’autre. Pour répondre à la « demande », l’Éthiopie, par exemple, compte pas moins de 70 organismes et 22 agences américaines y sont implantées. Quand la pression de la demande est aussi forte sur un pays pauvre, à forte natalité, avec un système économique et juridique corrompu, on peut tomber facilement sur des intermédiaires prêts à solliciter des familles financièrement pour donner leurs enfants, et à faire de faux extraits de naissance, de faux actes d’abandon, signés par des parents illettrés. Plusieurs affaires récentes, comme celle dite de « l’Arche de Noé », montrent que la demande en matière d’adoptions internationales devient tellement forte qu’elle pourrait laisser la porte ouverte à tous les trafics

Même s'il y a eu de réelles avancées pour les droits de l'enfant dans ce domaine, ce contexte rend nécessaire le renforcement des exigences éthiques en matière d’adoption internationale et l’application rigoureuse des règles qui l’encadrent.

Pour en savoir plus et approfondir : Agence Française pour l'Adoption

 

 

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